L’émigration costarmoricaine

On a parlé de la jeune Jeanne GICQUEL, partie à 17 ans de son petit village de Côtes d’Armor pour  « se placer » dans une famille du Nord comme gouvernante. Elle n’est pas un cas isolé, loin s’en faut ! A partir des années 1860, les bretons se sont mis à émigrer en masse. En cause : la chute de l’industrie textile, la surpopulation et une misère extrême. Il n’y a alors plus assez de terres à cultiver.

Alors, on se regroupe pour partir sur les routes comme pillotou (marchand de chiffons ambulants), souvent en direction de la Normandie. C’est vraisemblablement le cas de Victorine, la sœur aînée de Jeanne, qui avec son époux Jacques Marie PELLAN, sont désignés comme marchand de tissus dans certains actes d’état-civil à partir de 1920. Ils ont d’ailleurs passé une partie de leur vie en Normandie avant de revenir s’établir à Moncontour, en Côtes d’Armor. De même, Anne Marie MORIN, sœur de Louis, notre grand-père, est partie s’établir définitivement après 1895 en Normandie avec son mari Jacques COUVRAN, comme marchands de chiffons.

Entre 1850 et 1950, un grand nombre de bretons des Côtes d’Armor partaient comme simples ouvriers agricoles pour faire des « saisons » sur l’île de Jersey, notamment pour le ramassage de pommes de terre. Beaucoup viennent de Ploeuc et de Plémy. Les conditions de vie étaient difficiles. Pour autant, certains n’ont pas hésité à s’installer définitivement dans l’île avec femmes et enfants. Dans une moindre mesure, une émigration agricole s’est produite également en direction de l’Aquitaine, région dépeuplée qui  de 1920 à 1940 avait besoin de main d’oeuvre pour s’occuper de terres inexploitées.  Il s’agissait là d’une émigration organisée qui répondait à une logique économique. Pour le moment, pas de personnes connues dans les branches MORIN ou GICQUEL qui se seraient installées à Jersey ou en Aquitaine dans le cadre de cette émigration, mais il n’est pas exclu qu’il y en ait.

Enfin, comme nous l’avons vu, au début du 20ème siècle, les femmes partaient   se placer soit comme « nourrice sur lieu » un peu partout en France, soit comme domestiques (bonnes à tout faire, cuisinières, ménagères, etc.).  

Pour aller plus loin :

  • Sur le site de l’Institut de documentation bretonne et européenne (IDBE), on trouve l’étude de l’Abbé Elie Gautier sur l’émigration bretonne ainsi que des coupures de presse sur ce thème
  • Les émigrants bretons à Jersey / Mark Boleat, traduction par Alain Boleat – mars 2016 –
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