Selon mon analyse, enrichie par l’étude de marché que j’ai été amenée à faire sur les services biographiques, la mémoire familiale repose sur un triptyque composé de la généalogie, du récit de vie et des archives familiales. Pour autant qu’elle soient menées conjointement, ces trois activités s’enrichissent mutuellement et facilitent la transmission de la mémoire familiale.

En cela, les travaux de recherche sur la transmission intergénérationnelle de Samuel Guillemot (actuellement enseignant-chercheur et maître de conférences à l’Université Bretagne Occidentale) sont très inspirants ; il écrivait notamment en 2015 : « La biographie n’est qu’une façon de transmettre parmi d’autres et ne semble pas se substituer aux autres formes de transmission, dans le sens où elle est complémentaire de la transmission d’autres objets (entretenir un patrimoine) ou d’histoires orales (faire plaisir à sa famille) par exemple. Or les biographes privés se focalisent uniquement sur la valorisation d’un document écrit ou filmé. Nous avons là une piste de développement intéressante pour les prestataires qui pourraient s’inspirer du métier de « personal historian » (« historien personnel ») qui se développe aux Etats-Unis : le patrimoine familial (photos, correspondances, objets, etc.) pourrait être utilisé comme « fil narratif », tandis que des recherches généalogiques permettraient de combler les « trous » de l’histoire en vue de mieux la mettre en perspective .»

Si dans la notion de personal historian, le lien existant entre généalogiste et biographe ne m’a pas semblé très probant, et en tout cas difficilement applicable en l’état en France,  j’ai en revanche été interpellée par les travaux de recherches de Anne-Sophie Boisselet qui, sur la base d’une étude de cas, tente d’expliciter en quoi la possession de papiers de famille peut influer le travail du généalogiste, puis la conception du récit de vie lui-même.

Mais ce qui m’a le plus séduite, c’est le blog Les vieux papiers du grenier Alix Chagué explore différentes méthodes issues du monde archivistique et documentaire pour valoriser un fonds d’archives familiales.

Souhaitant moi-même approfondir le sujet en exploitant les connaissances que j’ai pu acquérir en tant que bibliothécaire, documentaliste et archiviste, j’ai décidé de créer un carnet de recherche consacré à la valorisation de la mémoire familiale, carnet qu’on trouvera sous https://memfam.hypotheses.org/

Guillemot, S. (2015). La transmission intergénérationnelle : regard sur les services aux particuliers. Management & Avenir, 77, 51-69

Boisselet, A-S. (2014).  Les papiers de famille aujourd’hui, objets de mémoire et supports de recherche. Les archives familiales au service de la généalogie [mémoire de recherche du master Histoire, Document]. Université d’Angers.

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