Gribouilliste-croquiste et styleuse-modeuse…

Celles et ceux qui ont suivi les précédents épisodes (et suivront les prochains) ont compris que pour trouver des créatifs il faut plutôt aller du côté MAÎTRE / AYMONIER : entre le dénommé TOURLAQUE (Branche AYMONIER) qui a côtoyé les peintres les plus célèbres, une Antoinette MAÎTRE qui a épousé un certain André CHARIGNY, peintre franc-comtois renommé, les REUDET / AYMONIER inventeurs et entrepreneurs de père en fils (article à venir) et nos grands-parents paternels qui jouaient tous deux du piano, difficile de tenir la barre côté MORIN / GICQUEL… Pas de peintre, ni d’artiste… Ni industriel, ni inventeur fou. Tout au plus une lignée de meunier côté GICQUEL et des cultivateurs et commerçants-débitants côté MORIN. Pas de quoi créer la moindre prédisposition créatrice auprès des descendants…

Et pourtant, contre toute attente, ce sont bien les enfants MORIN / GICQUEL qui avaient la fibre artistique : notre oncle Jean MORIN jouait très bien du piano quand il était jeune, même si de par sa profession -il était prêtre- il a plus eu l’occasion de s’exercer sur un orgue. Sa soeur aînée, Marie-Louise maîtrisait l’art du dessin et de la peinture. Pendant ses séjours en France (1), installée dans la cour, elle croquait à main levée et peignait des bouquets de fleurs et des paysages toujours très joyeux, oeuvres qu’elle abandonnait à la postérité.

Enfin, on sait que, Thérèse, la cadette, a toujours regretté de ne pas avoir poursuivi l’apprentissage du piano. Les cours lui avaient été offerts avant la guerre par leurs amis de Loos-lez-Lille (59), les POTIER qui avait les moyens, et aussi un grand coeur.

Et tout comme sa soeur, Thérèse était aussi douée pour le dessin. A t’elle eu l’occasion et le goût d’exercer ses talents durant la guerre ? Je n’en suis pas convaincue vu les circonstances… Toujours est-il que devenue adulte, pendant les réunions, qui furent nombreuses du fait de son métier (professeur, puis directrice) et de son engagement dans moultes activités associatives, elle ne pouvait s’empêcher de griffonner, gribouiller, noircir des pages et des pages de croquis et de formes plus ou moins géométriques. A croire qu’elle avait hérité de sa maman ce besoin irrépressible de s’occuper les mains (voir l’anecdote relative aux queues de vaches dans l’article Jeanne, du moulin de Cohorno à la vie de château….)

Pour exemple, voici quelques planches d’un carnet exclusivement dédié aux gribouillis de réunions

Par ailleurs, étant une couturière émérite, ancienne professeure ayant travaillé à Paris dans le secteur de la mode, Thérèse MORIN, devenue maman, avait l’habitude de créer et de confectionner la plupart des vêtements pour ses 3 enfants : pantalons, salopettes, chemises, robes, manteaux, etc. Rien ne lui faisait peur, au contraire ! elle adorait cette phase de création. Et il n’était pas question de choisir des schémas existants. Les modèles sortaient directement de son imagination. Nous, les filles, avons ainsi porté des robes en skaï (simili cuir) écossaises avec des cercles évidés au niveau de la taille (la mode avant l’heure des ventres à l’air), des robes courtes avec des volants ou avec des smocks faites main (fronces rebrodées sur l’endroit du tissu)… A l’école, nous n’étions jamais habillées comme les autres -en plus de ne pas porter les mêmes prénoms- et nous en éprouvions je crois une grande fierté. Voici quelques modèles esquissés et créés par notre mère modiste :

En définitive, dans le couple MAÎTRE / MORIN, chacun portait de manière complémentaire une grande part de créativité. Je ne pourrais trouver meilleur exemple que le recto verso de cette feuille pour l’illustrer :

Au recto, les gribouillis de notre mère qui faisant preuve d’une grande auto dérision a noté en haut à gauche : “Réunion intéressante 1964”

Au verso, les savants calculs de notre père pour un projet en cours

(1) Marie-Louise était en effet fille de la charité à Madagascar ; elle y est restée 74 années, jusqu’à son décès en 2016

MORIN Thérèse née en 1927 à Loos-lez-Lille (59), dcd en 2009, fille de Louis (GPM) et de GICQUEL Jeanne (GMM) – conjoint : MAÎTRE Bernard, 3 enfants

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