Uchronie du sort…

Il aurait tout aussi bien pu s’appeler Pierre… Cela aurait au moins donné du peps au titre de cet article. Imaginez : « Pierre, réfractaire »…

L’histoire aurait pu avoir lieu 125 ans plus tard, au moment où notre grand-père et notre grand-mère se fréquentaient… On aurait alors revisité l’histoire d’un amour impossible entre Louis (en Roméo) et Jeanne (en Juliette), sur fond de rivalités politico-religieuses de deux familles, l’une sympathisant avec les chouans, l’autre avec les républicains…

Tout Pierre qu’il ne fut pas, le réfractaire en question aurait pu exercer son fanatisme dans l’anti-cléricalisme (les républicains), histoire de créer un antécédent dissident dans cette lignée MORIN GICQUEL qui fit don de beaucoup de ses enfants à l’Eglise…

Enfin (c’est le cas de le dire), il aurait pu être guillotiné, cela ne serait pas passé inaperçu dans notre arbre généalogique. Et c’est malheureusement ce qui se faisait de mieux au moment de la Terreur (1793-1794) (1). C’était simple et efficace pour réduire quelqu’un au silence. Dans ces conditions, à quoi bon se prendre la tête ?

Au lieu de cela, uchronie du sort (2) : il fut nommé Jean Paul. Sixième enfant de la famille GEORGELIN, il vit le jour à Ploeuc, dans les Côtes-du-Nord, en 1765 et il est le frère d’Euphrosine, l’arrière-grand-mère de Louis MORIN, notre grand-père.

En 1789, quand la révolution éclata, il venait d’être nommé prêtre au village de la Hazaie, dans sa paroisse natale. Quelques jours plus tard, l’Assemblée Constituante, après avoir voté la Constitution civile du Clergé, imposa à tout prêtre à charge d’âmes l’obligation de jurer fidélité à la dite Constitution. Comme ses confrères de 56 % des paroisses du département des Côtes du Nord, l’abbé GEORGELIN refusa tout net de prêter serment et devint donc prêtre réfractaire, épousant ainsi la cause des chouans -les « royalistes »- qui refusaient de s’enrôler dans l’armée. La révolte prit alors la forme d’une guérilla sanglante, rythmée par des embuscades, des incendies, du brigandage et des fusillades arbitraires. En août 1792, les prêtres réfractaires furent condamnés à l’exil, mais Jean Paul GEORGELIN, ce fieffé galopin, réfusa encore et il choisit donc de se cacher. Dès lors, les révolutionnaires mirent les biens du prêtre sous séquestre et l’abbé, pour subsister, en fut « réduit aux aliments que ses sœurs Marie et Euphrosine (celle-ci épouse de Jean Le Couturier) lui faisaient passer dans les cachettes où, durant le jour, il échappait aux poursuites de ses ennemis ». Cette même Euphrosine, arrière-grand-mère de Louis MORIN, pour laquelle la vie n’a pas dû être un long fleuve tranquille… Que ce soient ses soeurs, ses proches ou ses fidèles auprès desquels il continua à exercer le culte catholique (messes dans les granges et maisons particulières, soins et secours aux malades, extrême-onction), beaucoup d’habitants de la région de Ploeuc ont de fait délibérément choisi de suivre le père GEORGELIN dans son funeste sillage… sauf bien sûr ceux qui le dénoncèrent.

Le 21 février 1797, à 32 ans, Paul GEORGELIN fut débusqué par des soldats dans la paroisse de Plessala, à 15 km de Ploeuc. Sans autre forme de procès, ceux-ci le fusillèrent sur place, et on dit qu’il n’avait pas encore rendu le dernier soupir lorsqu’ils le jetèrent dans la fosse et le recouvrirent de terre.

Pour autant, la mission à laquelle il tenait tant, continua à être assurée par ses plus jeunes frères, Pierre (argh !) et Joseph qui entrèrent tous deux dans la prêtrise et purent s’occuper des catholiques de Ploeuc dans un contexte relativement plus paisible…

Voilà donc une fois de plus l’histoire non édulcorée d’un héros de la vie ordinaire qui composa à sa manière avec l’époque qui fut la sienne. Indépendamment des questions religieuses ou politiques, ce qui, me semble t’il, doit forcer l’admiration des privilégiés modernes que nous sommes est l’abnégation et le courage de celui qui a voulu aller au bout de ses convictions et de ses valeurs. Réfractaire (3), il le fut et jusqu’à son dernier souffle et pour cela, chapeau bas, cher ancêtre !

Remarque : de mémoire familiale avérée (annotation sur un 1er arbre généalogique établi à la main par notre oncle dans les années 1970), la branche des GICQUEL était plutôt du côté des chouans, alors que celle des MORIN était républicaine (il est écrit : « rouge »)… Si l’on en croit le récit ci-dessus et les recherches approfondies que j’ai pu faire à cette occasion, ça serait le contraire. Néanmoins, je trouvais cela assez cocasse, raison pour laquelle j’ai évoqué dans mon introduction l’histoire de Roméo et Juliette…


(1) Une première estimation établie à la fin du XVIIIème siècle fixe à 15’000 le nombre de victimes de cet engin diabolique durant la Révolution, mais le nombre total réel pourrait être bien supérieur ; certaines estimations évoquent jusqu’à 50.000 individus https://www.geo.fr/histoire/la-guillotine-ou-lhistoire-dune-machine-a-executer-humaniste-devenue-rasoir-national-209485

(2) Dans la fiction, l’uchronie est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification du passé.

(3) réfractaire : qui résiste à quelque chose, qui refuse d’obéir ou de se soumettre


Pour aller plus loin :




Les souvenirs de Thérèse (2)

Ces écrits ont été rédigés par Thérèse MORIN en 2004 (date estimée). Ils sont fidèlement retranscrits ici. Les photos, extraites des albums de famille, ont été rajoutées pour illustrer le propos. Il s’agit ici de la deuxième et dernière partie (pages 5 à 8 des écrits manuscrits). Cet article est à mettre en relation avec ceux de la série Une vie de filature, qui complète utilement l’histoire de la famille MORIN GICQUEL

Nous avons eu deux chats, Noirou et Noireau. Deux chats adoptés par nous au départ de Jean qui rentrait au Séminaire. Il les avait trouvés dans ce fameux jardin. Jean avait 10 ans et partait à 50 km de chez nous en pension (1). Ces chats ont fait partie de notre vie sûrement parce qu’ils avaient été choisis par Jean et ce qui était le plus impressionnant pour nous, c’est que chaque jour, Noirou précédait papa qui partait en vélo au travail et à midi moins 5, il repartait attendre papa au portail et repartait à 17h50 pour attendre et précéder le vélo.

1934_MORIN Jean (11 ans) et sa maman, GICQUEL Jeanne

J’ai peu de souvenirs de ma vie de « petite fille ». Ecole primaire avec Melle Angèle, puis les demoiselles Claie. Filles d’un côté, garçons de l’autre, séparés par un grand mur ! Études sans problème je crois. Je n’en ai plus aucun souvenir. Par contre, je sais que j’ai obtenu mon certificat d’études sans problème avec une mention (laquelle ?) et que je suis revenue à la maison où papa et maman m’attendaient avec impatience et en arrivant j’ai dit « oui, je l’ai mais c’est pas la peine d’en parler à tout le monde ! ». Pour y aller, on prenait le tramway, c’était à 6 km de chez nous.

Oui, car nos seuls déplacements à Lille ne se faisaient qu’en tram. Nous étions à 7 km de Lille. C’était une fête quand on y allait ! Pas trop souvent. Il y avait très peu de voitures. Il y avait des chevaux et voitures (à chevaux).

De ma jeunesse, j’ai énormément de souvenirs qui se mélangent (méli-mélo !). Déjà je peux dire que nos parents ont toujours ouvert leur porte à beaucoup de personnes en difficulté. D’abord depuis 1934 sont arrivés chez nous deux garçons, petits cousins dont la maman était malade. Deux Morin qui sont restés chez nous 3 ans. Nous n’avons que de bons souvenirs ensemble. L’un d’entre eux était mon filleul, l’autre le filleul de maman.

A ce moment-là venait aussi chez nous très souvent un prêtre qu’on appelait l’abbé Jean qui lui était formidable pour nous les très jeunes. Plein d’enthousiasme, de joie de vivre, inventif pour nous distraire, jouant avec nous au ballon, nous apportant des films de Charlot qu’on pouvait voir chez nous, chose très rare à cette époque. Il s’occupait de patronage où nous nous trouvions avec beaucoup de jeunes. Nous allions à ce patronage en vélo et assistions à des séances de cinéma, étant très privilégiés à ce sujet. Peu de jeunes allaient au cinéma, muet en ce temps-là !

1937 famille MORIN avec l’abbé Jean (derrière) et les deux petits neveux, Pierre et Gérard MORIN (devant)

Une autre famille est venue s’accrocher à la nôtre et cette amitié dure encore depuis 1927 ! Il s’agit de la famille Potié Guilbert. Marie-Louise étant attachée à Jacqueline en 1927, nos familles sont restées très unies. Et avant la guerre, nos parents ont soutenu une des familles, séparée à cause d’un divorce (ce qui n’était pas accepté à cette époque), en ouvrant la porte au père qui avait été évincé. Chaque semaine, il passait un après-midi chez nous avec ses enfants.

Toutes nos vacances, tous nos jours de congé (le jeudi), nous les passions ensemble, Marie-Louise et Jacqueline, Georges et Jean ayant le même âge, Mimie et moi ayant 2 ans d’écart, et Jean le petit accepté par l’un ou l’autre. Que de souvenirs ! Que de bons goûters ! Que de bons moments !

1937
(de g. à d. et de haut en bas)
Marie-Louise MORIN, Jean GUILBERT, Jacqueline GUILBERT, l’abbé Jean, Georges GUILBERT, Jean MORIN, Thérèse MORIN, Mimie GUILBERT

Chacun de notre côté, nous partagions nos journées et nos demi-journées. Je repense à nos parents qui ont accepté tant de choses ! Il y avait « Mamade », une vieille fille collet monté, avec un collier de chien, chignon tiré, pointure 42 ! Coincée, sérieuse, surveillante pincée, qui avait la responsabilité des enfants Guilbert et qui était toujours avec nous à nous surveiller. Car dans cette famille plus que bourgeoise, il y avait beaucoup de monde à leur service : bonne (on dirait « employée de maison » maintenant), chauffeur (Richard, superbe!), comptable (Arthur, sérieux!), jardinier qui s’occupait des arbre dans plusieurs propriétés. Leur fortune était énorme. Une rue très longue vers Lille, des fermes (au nombre de 4), un château près de Douai, une maison genre château à Loos (près de la prison).

Ils venaient chez nous, mais nous allions aussi chez eux. Imaginez la famille Morin, dont le père était simple ouvrier à la filature Thiriez, maman étant simplement mère au foyer, reçus dans un milieu plus que riche, avec un grand-père député, maire de Loos, auquel on imposait par notre jeune âge de lui passer entre les jambes quand on jouait à cache-cache dans une maison tenue par des employés !!!

Georges POTIE (1863-1937), maire de Loos et député

Beaucoup de souvenirs tourniquent dans ma tête : joie de vivre ensemble, période où aidée par la bonne j’ai appris à faire du vélo. Et même qu’il y avait une « montagne » (pour nous, à 6 ans, c’était une montagne) dans ce jardin -parc-. Nous grimpions cette montagne qui finalement n’était qu’un monticule qui contenait en dessous une réserve de fruits ramassés dans les différentes propriétés ! J’ai le souvenir pour les avoir accompagnés plusieurs fois que ces gens riches allaient cueillir et ramasser les fruits et partaient les répartir chez leurs locataires, y ajoutant le sucre pour leur permettre de faire leur confiture.

Cette famille était aussi propriétaire d’une briqueterie où nous allions jouer, dans un espace extraordinaire où étaient rangées les briques.
J’ai connu à cette époque les premières voitures plus que confortables, une « hotkich » (orthographe peu sûre) , une voiture avec des strapontins qui tournaient le dos à la route. Conduite faite par un chauffeur en tenue grise avec casquette. J’ai connu d’autres voitures, il y en avait 3, pour Madame, Monsieur et Mademoiselle !!! Il y avait en effet une tante vieille fille qui pour nous a toujours été très proche, nous gâtant beaucoup. Par exemple, elle nous emmenait passer 10 h à la foire de Lille, passant dans tous les manèges, mangeant des frites et des sandwichs sur place, jouant à tous les stands, grands et petits s’en donnaient à cœur joie. Cette foire de Lille était ENORME ! la journée n’était pas suffisante pour la connaître à fond. Même les parents y étaient heureux !!! Souvenirs ! Souvenirs !

A cette période aussi, nous faisions beaucoup de vélo. Maman seule n’en a pas fait : elle ne pouvait accepter que le guidon soit libre… elle aurait préféré qu’il soit fixe !

1936_famille_MORIN_à_vélo

Nous allions pique-niquer au « Mont de tir », petite boursouflure où il y avait le dimanche des exercices de tir. Nous étions fiers et heureux de monter et descendre sur cette « montagne ». Dans le Nord, tout est plat (le plat pays qui est le mien !) ; toutes les routes très droites et plates nous dirigent systématiquement face à un clocher !!! Notre pauvre maman nous rejoignait à pied pour ce merveilleux pique-nique. C’est papa et nous qui avions les paniers sur notre porte-bagages. En vélo, nous partions sur le Boulevard qui n’était qu’un boulevard couvert de nids de poules, mais c’était bien !!!

Toujours dans cette famille (Potié), nous vivions un rêve : imaginez une salle à manger dans laquelle il aurait fallu avoir des patins à roulettes pour servir cette grande table… imaginez aussi des vitraux aux portes vitrées mais aussi au plafond. Des grandes baies vitrées… des tapis, aussi bien dans le salon avec piano que sur les escaliers. Quand on montait à l’étage, il y avait une salle de bains (eh oui !) avec des vasques décorées superbes. Imaginez ce que cela représente pour des jeunes qui ne connaissent que la petite cuvette chaque matin… Chez eux aussi, il y avait le téléphone, un écouteur qu’on collait contre l’oreille !!! et quand on voulait appeler quelqu’un on voyait que le demandeur tournait une manivelle avant d’obtenir le correspondant ! en ayant d’abord passé par la poste via un seul numéro à deux chiffres (il en existait si peu en ce temps-là !).

J’ai un autre souvenir qui me revient : le grand-père était chasseur et il y avait au mois d’octobre une pièce réservée aux « animaux » qui devaient « mûrir ». On ne les cuisait que le jour où une patte lâchait et il fallait qu’ils soient un peu faisandés pour les cuire (lièvres, pigeons ramier, sangliers). Ses pâtés étaient délicieux !

C’est certain que la vie de la famille a été très marquée par cette vie, dans un autre milieu que le nôtre. A table, nous étions servis par la cuisinière en tablier blanc, le vin servi par un homme en habit. Il y avait 3 verres sur la table, des nappes, des chaises en cuir. Seul le goûter était servi à la cuisine, très grande, et lumineuse, avec un « ratelier » qui acceptait la vaisselle lavée et qui s’égouttait.

On nous servait des bonnes tartines avec du beurre et des bonnes confitures maison avec de la cassonade. On repartait à pied chez nous, en longeant la voie ferrée, quand ça n’était pas les Guilbert qui venaient chez nous au Boulevard. Que de fois j’ai reconduit Mimie jusqu’au milieu du trajet et nous repartions dans l’autre sens pour terminer notre conversation ! Cela faisait deux ou trois aller-retours ! C’est fou l’entente que nous avions toutes les deux !!! Même à 77 ans, j’y pense et j’en ris encore !!!

1936 Thérèse MORIN et son amie Mimie
(décédée en 1938)

Nous étions tous dans un milieu catholique, avec des communions, des confirmations, des engagements dans le milieu des « croisés », groupe religieux participant à des processions comme par exemple les enfants de Marie, avec robe blanche, ceinture bleue et voile de tulle. Mes parents très actifs ont toujours participé à ces cérémonies.
A la Fête Dieu, il fallait installer un autel et le fleurir très tôt. Maman partait avec toutes les fleurs du jardin pour préparer cet autel devant lequel la Paroisse s’arrêtait pour prier. Il y avait aussi des processions au lever du jour dans les quartiers du pays. C’était la procession des Rogations où on chantait « Ora pro nobis » après que le prêtre ait imploré les Saints. Mon frère Jean, sérieux (oui ??) a une fois chanté : « que ça pue ici dedans ora pro nobis » car on passait devant l’équarrissage !!!

Nous allions tous les dimanches à la messe et aux vêpres. Mais comme on ne pouvait pas communier comme maintenant à 10 h, on allait à une première messe à 8 h, on communiait et on revenait à la grand-messe !

(1) Thérèse, la petite dernière, avait 6 ans quand son frère est parti au Séminaire




Les souvenirs de Thérèse (1)

Ces écrits ont été rédigés par Thérèse MORIN en 2004 (date estimée). Ils sont fidèlement retranscrits ici. Les photos, extraites des albums de famille, ont été rajoutées pour illustrer le propos. Il s’agit ici de la première partie (pages 1 à 4 des écrits manuscrits). Cet article est à mettre en relation avec ceux de la série Une vie de filature, qui complète utilement l’histoire de la famille MORIN GICQUEL

Pêle-mêle meli mélo
Ce que j’ai découvert dans ma vie… je parle de l’évolution
Dans une maison à deux étages, sans eau au robinet mais avec une pompe à actionner dehors, avec des brocs que l’on montait dans les chambres pour que la toilette se fasse dans une cuvette où durant l’hiver on cassait la glace pour se laver !!! Si on voulait prendre un bain, on chauffait l’eau qu’on vidait dans une jolie cuve en bois comme étaient les tonneaux. Cette cuve était alors mise dehors, c’était un régal ! J’ai le souvenir qu’un jour des rats sont passés par la « bouche » de la pompe à eaux… on n’a pas été empoisonnés, la preuve : j’ai 77 ans !

1948_MORIN_Thérèse_Loos
n.b. on voit la pompe et le baquet derrière Thérèse

Nous avons eu le bonheur d’habiter une maison avec un jardin (c’était un jardin ouvrier où quelques 10 parcelles étaient distribuées à plusieurs personnes) mais nous avions la possibilité de profiter au maximum des allées pour y faire du vélo.

Loos_jardin

On n’avait ni électricité, ni radio, ni téléphone. On était éclairés par un bec de gaz qui était au centre de la salle à manger, un bec de gaz qu’on allumait avec des allumettes lorsque le jour baissait. Alors on était obligés de rester ensemble dans la même pièce ! Dans les rues, il n’y avait que des becs de gaz pour éclairer ! Radio : on l’a eue ; c’était un poste à galène. Une aiguille était placée sur une surface de plomb… on avait un seul écouteur et chacun notre tour nous pouvions écouter quelque chose. Je me souviens avoir entendu quelque chose qui m’a choquée : il a pété dans le Nord… Traduction : ici PTT nord !!! je devais avoir 6 ans.
On écrivait avec des porte-plumes. Les plumes étaient Gauloise ou Sergent Major, nous avions des encriers, des crayons… et si peu de crayons de couleurs que ça devenait un luxe !

Nous avions la chance d’avoir un jardin très bien entretenu par notre papa, nous avions énormément de bons légumes sans aucun engrais si ce n’est l’utilisation de purin que papa prélevait dans la fosse sous le WC qui lui se trouvait en dehors de la maison. Même avec moins 15°C, on y allait -brrr!!!- il n’y avait pas de chasse d’eau. On utilisait des morceaux de journaux comme papier cul !!! On allait pomper de l’eau pour nettoyer le WC.

Nous n’avions comme chauffage qu’un fourneau au charbon qui était dans une pièce mais il était assez important pour diffuser un peu de chaleur dans les 3 pièces en enfilade. Par contre, dans l’arrière-cuisine où on faisait la vaisselle, pas question de chauffage ! L’eau était chauffée sur ce feu et transportée dans une bassine dans cet endroit. Pas de produit à vaisselle mais du savon de Marseille.

Pour aller dans nos chambres, nous n’avions que des bougies et pas de chauffage. Nos devoirs étaient faits dans la pièce commune mais sans difficultés. On sentait les bonnes odeurs du repas préparé avec amour par maman. Pas de soucis de bactéries, pas question de mauvais engrais sur les légumes. Pas question de viande dangereuse, surtout qu’on n’en mangeait que deux fois par semaine (c’était trop cher!). J’ai connu aussi à la place des bougies des lampes « pigeons » : il y avait un réservoir d’huile, une mèche, un verre et cela tenait plus longtemps que les bougies… c’était du luxe !

Nous avions une maison très agréable. La peinture grise était offerte par l’usine Thiriez où travaillait papa. Je n’ai jamais apprécié cette peinture que j’ai retrouvée en 1966 à Saint-Cergues !!! Cette maison comportait beaucoup d’avantages : une verrière sur la salle habituelle de rassemblement, très claire avec une porte vitrée qu’on ouvrait dès que la température le permettait. Dans cette pièce, il y avait le fourneau très important, très apprécié en hiver surtout. Du carrelage par terre, une grande table où l’on se retrouvait tous.

1946_MORIN_Thérèse_retour_Loos_maison
n.b. on devine la verrière attenante à la maison
1932_enfants_MORIN_et_LYS_arrière_Loos
n.b. Derrière le groupe on voit la porte vitrée dont parle Thérèse et qui donne « sur la salle habituelle de rassemblement »

Au centre, une salle à manger peu utilisée à cause de sa place, sans fenêtre, sans luminosité ! À la suite, il y avait « pour nous » la salle de jeux. Il y avait dans notre enfance des coffres qui nous appartenaient, lesquels étaient recouverts de coussins où on pouvait s’asseoir au sol. C’était un plancher bien entretenu, sur lequel on a beaucoup joué : avec aux pieds des chaussettes (trouées), on pouvait y glisser. C’était formidable. Maintenant, je me dis que maman devait choisir de nous faire glisser pour nettoyer le parquet !

Au 1er étage, il y avait deux chambres et au 2ème il y avait une chambre et un genre de grenier. Par contre, les escaliers étaient aussi bien cirés que les salle du bas et notre joie était de les descendre sur le derrière ! Ça glissait tellement bien ! Notre papa faisant comme nous. Les plus audacieux comme Jean et Marie-Louise descendaient sur la rampe !

1930_45Bd_Republique_LOOS
maison côté rue

Il y avait un sous-sol, une cave où se gardaient le tonneau de bière que nos parents confectionnaient et les légumes du jardin, par exemple les chicons ou endives ou barbes de capuçon qui poussaient en cave l’hiver dans un compost sable et terre. Dans l’autre partie de cave était le charbon seul combustible à ce temps-là. Il nous était livré par un soupirail.

Dans le jardin, dont papa était un expert, nous avions de très bons légumes, mais aussi de si jolies fleurs, violettes, pois de senteur, roses, dahlias. De ce côté là, notre papa faisait plaisir à maman, amoureuse des fleurs (j’ai hérité d’elle!). Il y avait du seringha très odorant dans notre petite cour derrière la maison. Il y avait aussi un poulailler -donc des œufs frais-, des poules et des poulets à déguster !

1948_MORIN_Louis_Jardin_Loos
1937_MORIN_Louis_Loos

Dans ce jardin dont nous pouvions profiter, il y avait un tel espace que nous faisions du vélo, que nous pouvions aussi nous installer où bon nous semblait. Je me revois vers 10 ans installée avec ma grande amie Mimie sur un tas de fumier taillé au carré, jouant à la recherche de mots dans le dictionnaire !

1933_MORIN_Thérèse_et_Mimie



Les souvenirs de Thérèse (présentation)

La période d’été se prêtant bien à ce format, je vous propose de lire (ou relire), sous forme de feuilleton, les souvenirs que Thérèse MORIN a retenus de son enfance et qu’elle a consignés de manière manuscrite et totalement libre (*) en 2004… J’en ai retranscrit la première partie consacrée essentiellement à la configuration et à la « philosophie » de la maison de Loos et j’ai choisi d’y associer des photos trouvées dans les albums de famille. Je vous souhaite de trouver autant de plaisir que moi-même dans la lecture de ces écrits et reste bien sûr à disposition pour de plus amples informations…

(*) je précise toutefois que cela faisait suite à une énième invitation de ma part d’écrire sur sa vie passée, mais j’ignorais qu’elle l’avait fait… Ces écrits ont en effet été mis à jour après son décès 🙂




La pêche aux souvenirs et ses bienfaits

L’avez-vous remarqué ? Quand il n’est pas ailleurs, notre esprit peut se révéler farceur et pas toujours à l’écoute de nos priorités, ni du programme que l’on pu se fixer… Ainsi, le mien aime particulièrement s’adonner à la pêche… la pêche aux souvenirs s’entend ! A la faveur d’un détail désespérément insignifiant et au moment le plus inopportun pour moi, le voilà qui commence à hameçonner mon attention et à l’attirer sournoisement vers la berge des souvenirs… Le parcours n’a rien de linéaire, l’attention ayant la fâcheuse habitude de sauter du coq à l’âne, en l’occurrence, du saumon à la grenouille, de disparaître dans des trous de mémoire ou encore de se réfugier dans la volupté d’un souvenir d’enfance, pour rejaillir l’instant d’après dans un geyser de réminiscences. Un processus qui, en onomatopées, donne à peu près cela : oh bah ? ha ? hum hum ! ha ha ! zip ! plouf ! hop ! et re-hop ! plouf gloup ! glou glou glou ! hummmm ! waouh ! flatsch flatsch flatsch ! yeah ! Car oui, il me faut le préciser : pour moi, cette opération se termine toujours bien, avec de belles prises à la clé.

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur une de mes récentes expériences de pêche aux souvenirs, avec l’espoir que cela vous donne envie de vous y essayer à votre tour. Mais pour ce faire, reprenons la chronologie onomatopéienne :

Le oh bah ? qui marque le début du processus, concerne la découverte d’une signature de notre grand-mère au bas d’une lettre qu’elle écrivait en 1980 : JLM pour Jeanne Louis MORIN. Si son prénom et son nom d’épouse étaient respectivement Jeanne et MORIN, pourquoi avoir intercalé les initiales du prénom de notre grand-père, Louis, décédé en 1973 ?

ha ? hum hum ! Voilà qui est étrange… peut être un cas isolé ? eh bien non : après le décès de son mari, Jeanne signait toutes ses lettres -et Dieu sait qu’elles furent nombreuses!- de la même manière… Mais tout bien réfléchi, cela me rappelle quelque chose… voyons, voyons…

ha ha !, mais oui, il me semble bien que notre grand-mère a toujours affirmé que son « p’tit Lou » continuait à l’accompagner dans les moindres gestes du quotidien ; elle s’adressait d’ailleurs régulièrement à lui sans que cette étrangeté ne remette en question sa santé mentale aux yeux de son entourage.

et zip !, à la faveur de cette évocation, me voilà embarquée au pays de notre enfance (commune à mon frère et à ma soeur) ! La glissade pour y arriver est jubilatoire, le parcours se révélant délicieusement familier, empreint d’odeurs de vacances et de promesses de fulgurances. Sous-bois verdoyants, sols ocrés, chemins profonds, bourdonnante obscurité, temps joliment inconsistant, exaltations partagées, instants d’exception…

plouf ! Je plonge avec délectation dans un lac de souvenirs, vaporeux par endroit, lumineux ailleurs, mais jamais limpide. On est quand même à 50 ans de profondeur, il ne faut pas l’oublier ! Quelques visages se dessinent, des regards, des gestes, des bruits… Le fil est à ma portée, je n’ai plus qu’à le tirer… mais ce faisant…

hop ! me voilà happée par le souvenir de l’Amour qui unissait mes grands-parents : fondé sur une admiration et un respect mutuels, c’était un Amour assez exceptionnel. Il y avait peu de paroles, l’essentiel passait dans les regards, l’attention à l’autre et les gestes tendres. Je dois le dire : je n’ai jamais plus croisé ailleurs une telle entente implicite.

et re-hop ! un souvenir en appelant un autre, il me revient de manière assez précise en mémoire l’image de Jeanne, à la fois épouse, mère et grand-mère, maîtresse de maison, cuisinière généreuse et tricoteuse hors pair, veillant au bien être de tous et chacun, sans jamais paraître ni soumise, ni inconsistante, ni aigrie. Elle avait une vraie personnalité, ainsi qu’une vraie présence aux autres. Et, qualité assez rare, mais ô combien précieuse : elle savait écouter.

Louis, quant à lui, était un taiseux. Comme le sont ceux qui ont vécu des choses qui ne peuvent pas ou plus être mis en mots. Sa présence était donc silencieuse, mais toute aussi authentique et bienveillante. Même si, je dois le dire, un simple regard de sa part suffisait à stopper une parole ou un comportement déplacés. Il passait du temps dans son jardin, bricolait un peu, lisait des journaux et -souvenir olfactif ô combien prégnant!- il fumait la pipe.

Mais, plouf gloup ! force m’est de constater que le concernant, beaucoup de souvenirs sont flous. Il est décédé en 1973, à 82 ans, j’avais alors 11 ans. Tout ce que je peux dire, c’est que je ressentais une connexion assez forte avec lui, qui est de l’ordre de ce qu’on appellerait aujourd’hui une proximité émotionnelle. Et glou glou glou ! c’est à ce moment précis que mon petit inconscient me dit qu’il faut revenir à la surface, sous peine de sombrer dans un mélo sans nom. J’entame donc la remontée, mais…

C’est sans compter sur le Hummm de la fin, puisque me voilà en train de me remémorer quelques chouettes moments qui ont marqué l’enfant que j’étais : l’observation des étoiles avec notre père, tous allongés dans l’herbe, les balades en toute liberté sans la présence d’un adulte, la légèreté de tous les instants et l’humour qui régnaient dans cette maison, les soirées feu de camp organisées à l’improviste, les baignades quotidiennes dans l’Adour, la fabrication d’un bateau…

Et là, waouh ! flatsch flatsch flatsch ! yeah ! à force de me triturer la cervelle, c’est une myriade de souvenirs qui jaillissent à la manière d’un bouquet final. Les fougères, le soleil après la pluie, l’odeur du pot-au-feu ou de la garbure, le caquètement des poules, un béret, des voix familières et bienveillantes, les farces de potache, les parties de crapette et de scrabble, Q dans l’O, la messe à domicile… Et j’en passe, de manière d’autant plus expéditive dans cette chronique que ces souvenirs ne font du bien qu’à celui ou celle qui les a vécus…

Certes. Mais au delà du fait de raconter encore un peu de la vie de Jeanne et Louis (dont nous avons quelques photos ci-dessous), le message que je voulais faire passer est le suivant : il ne faut pas hésiter à revisiter le pays de notre enfance, de peur de se laisser happer par la tristesse et les regrets. Croyez-moi, c’est tout le contraire : cela fait un bien fou ! Des études très sérieuses ont montré que, loin d’être un ressenti négatif, la nostalgie a des bienfaits insoupçonnés sur notre équilibre personnel. Elle permettrait de donner un sens à sa vie et à se sentir moins seul. Rien de moins !

Alors, qu’est qu’on attend pour retomber tous en enfance ? Je vous le demande !




On ne choisit pas sa famille (3)

On termine cette série de mise en lumière des « stars » issues de nos lignées respectives, avec la branche des MORIN/GICQUEL de Bretagne, qui comporte un peu plus de personnalités (re)connues du côté MORIN que GICQUEL. Parmi elles, on trouve deux sportifs, un célèbre journaliste-rédacteur en chef, un général français qui a reçu un hommage de la nation aux Invalides en 2023 et enfin, un poilu dont les seuls mérites et malheurs posthumes furent d’être présent au mauvais endroit, mais au bon moment…

Branche MORIN/GICQUEL

Auguste Joseph RENAULT (1897-1918)

Pour la famille MORIN, je commence par un cousinage éminemment significatif. Je pense même que cette information va changer la vie d’un grand nombre d’entre nous. Voilà : nous cousinons avec… le dernier soldat français mort lors de la Première Guerre mondiale ! Notez bien que je n’ai rien contre ce pauvre jeune homme qui a perdu la vie sur le champ de bataille, mais j’essaie de comprendre comment interpréter cette donnée… le dernier, tiens donc ! Alors comment décompte t’on les 500 000 soldats morts après 1918 des suites de blessures reçues ou de maladies contractées pendant la guerre, dont on n’a pas retenu les noms ? Les 500 000 plus que derniers ? ou les 500 000 moins que rien ? Et comment s’appelait le 3ème, le 532 015ème, le 786 234ème ou le 1 497 000ème soldat français mort quelques années, quelques mois ou quelques minutes avant le pauvre Auguste RENAULT qui, à tout prendre, aurait certainement préféré être le dernier vivant plutôt que mort ? Le pire, c’est que sur ce funeste podium, notre Auguste s’est fait voler la vedette pendant plusieurs années par un lozérien, Augustin TREBUCHON, dont le nom apparait dans tous les livres d’histoire. C’est seulement en 2017 qu’on rendra à Auguste RENAULT ce qui lui appartient : une mort à 10h58, soit 3 minutes après TREBUCHON et 13 minutes avant le cessez-le-feu décidé par l’armistice du 11 novembre 1918… Ah mais ! quand même !

En conclusion, je ne peux résister à l’envie de vous livrer cette petite anecdote, qui vient conforter finalement l’utilité des statistiques : l’histoire retient que le premier mort au combat de la Grande Guerre s’appelait PEUGEOT (Jules-André) et le dernier, RENAULT (Auguste).

Hubert BEUVE-MÉRY (1902-1989)

Fils d’Hubert (horloger-bijoutier) et de Joséphine TANGUY, couturière, Hubert fils est né à Paris le 5 janvier 1902. Après un doctorat en droit, il est nommé directeur de la section juridique et économique à l’Institut français de Prague en 1928. Il est chargé de cours à l’École des hautes études commerciales de Prague, et également de conférences à l’Institut de droit comparé de l’université de Paris. Hubert Beuve-Méry est, par ailleurs, correspondant de plusieurs quotidiens parisiens, dont Le Temps à partir de 1935. Pendant la guerre, il entre en résistance et il est lieutenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI). En octobre 1944, il est rédacteur en chef de l’hebdomadaire Temps présent, puis, à la demande du général de Gaulle, il est l’un des fondateurs du Monde dont le premier numéro paraît le 19 décembre 1944. Il fonde également Le Monde Diplomatique en 1954. C’est à l’occasion des vingt-cinq ans du Monde qu’il prend sa retraite en 1969. Il a également été membre du conseil d’administration de l’Agence France-Presse (AFP) et de celui de l’Institut Pasteur. Journaliste, c’est souvent, sous le pseudonyme de « Sirius », qu’il signa de très nombreux articles et éditoriaux. Il décède en 1989.

Quels liens de parenté ?

C’est par la lignée de la mère d’Hubert B-M que nous sommes « cousins ». En prenant comme point de départ notre grand-père, Louis MORIN : son arrière-arrière-arrière-grand-père, Jean François CHOUPAULT, était le frère de l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père d’Hubert, qui s’appelait Sabin CHOUPAULT (1691-1763) et était des environs de Ploeuc-sur-Lié (22)

Jean-Louis GEORGELIN (1948-2023)

Jean-Louis GEORGELIN, né le 10 août 1948 à Montauban, est un général français. Il a été chef d’état-major des armées de 2006 à 2010 sous les présidences de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. En 2019, il a été chargé par le président Emmanuel Macron de superviser la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris après l’incendie. Jean-Louis GEORGELIN meurt le 18 août 2023 d’une chute en montagne, au cours d’une randonnée au sommet du mont Valier, en Ariège. Sa carrière militaire est notable, et son engagement dans la préservation du patrimoine est également remarquable. Le 25 août 2023, un hommage national lui est porté aux Invalides, présidé par le président de la République.

Quels liens de parenté ?

En prenant comme point de départ notre grand-père, Louis MORIN : son arrière-arrière-grand-mère, Françoise PERRIN, était la soeur de la 7x arrière-grand-mère de Jean-Louis, Marie PERRIN. Une parenté assez lointaine, qui explique que nous n’ayons pas été invités à assister à ses prestigieuses obsèques…

Lucien RAULT (1936- )

Champion breton d’athlétisme et de cross-country de renommée internationale, Lucien RAULT naît à Plouguenast en 1936. Fils de paysans, onzième d’une fratrie de quinze enfants, il a dix ans lorsqu’il participe à ses premières courses dans les fêtes de village du Centre Bretagne, pieds nus et en culottes courtes. Il remporte le titre de champion de Bretagne de cross-country en 1961, à 25 ans, qu’il conservera 15 ans. Pendant 35 ans, Lucien collectionne titres, sélections en équipe de France et même records. Huit fois champion interrégional de cross-country, trois fois champion de France en individuel (sur 10 000 m en 1973 et 20 km en 1973 et 1974), champion du monde de cross country avec l’équipe de France, recordman de France de l’heure et des 20 km en 1973, recordman du monde des vétérans sur 5 000 et 10 000 m en 1976…

Quels liens de parenté ?

Il s’agit de la même lignée que Jean-Louis GEORGELIN, en remontant pareillement jusqu’à Françoise et Marie PERRIN.

Pour la lignée MORIN, je rajoute un cousinage probable, ou du moins des liens proches, avec Amateur Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy, 1762-1795, qui s’est fait connaître comme chef des chouans dans la région de Lamballe (22) et dont la tête, après sa mort par décapitation, a été promenée au bout d’une pique dans Lamballe et Moncontour.

De la lignée GICQUEL, on extrait pour l’heure un seul cousin :

Philippe CATTIAU (1892-1962)

Philippe Cattiau, né le 28 juillet 1892 à Saint-Malo et mort le 18 février 1962 dans la même ville, est un ancien escrimeur français. Membre de l’équipe de France d’épée et de fleuret, il est trois fois champion olympique pour un total de huit médailles, ce qui en fait un des athlètes les plus titrés d’avant-guerre, et le plus médaillé du sport français à égalité avec Roger Ducret. Il est également à plusieurs reprises champion du monde. Il fait partie de la liste des sportifs français nommés « Gloire du sport ».

Quels liens de parenté ?

En prenant comme point de départ notre grand-mère, Jeanne GICQUEL : sa 4x arrière-grand-mère, Jacquette LE NOUVEL, née en 1655, était la soeur de la 6x arrière-grand-mère de Philippe CATTIAU, Michelle LE NOUVEL.

Dans cette lignée, je cherche encore les liens familiaux qui doivent unir les GICQUEL de Plémy avec Gilbert DU MOTIER DE LA FAYETTE (1757-1834), Général et homme politique français, plus communément désigné comme le Marquis de LA FAYETTE. Et également avec Pierre Guillaume GICQUEL DES TOUCHES (1770-1824), officier de marine français.




Ces listes qui subsistent…

Ce sont des listes… des listes écrites à la main, sur une feuille de papier quadrillé jauni par le temps, un autre temps… La première énumère le contenu de deux malles : un manteau ratine, des combinaisons en soie, des culottes en coton, de la laine à tricoter, des cuillères en argent, des livres de messe reliés en cuir, un capuchon imperméable… Charme d’une mode délicieusement surannée et d’une époque où chaque chose avait son utilité… La deuxième décrit des meubles et objets répartis dans les pièces d’une habitation qu’on imagine grande et emplie de vie : une véranda, 2 étages, 4 chambres, 5 lits, des livres de classe et de bibliothèque, une machine à coudre, des tableaux. On pressent des rires d’enfants et des courses poursuites dans l’escalier, des repas familiaux enjoués et des couverts se rajoutant au gré de visites impromptues.

Très bien, mais… cela ne nous dit pas ce que ces deux vieux papiers font dans les archives familiales. Et quel intérêt de les conserver aussi longtemps ? car rien de plus banal, ni de plus volatile qu’une liste de nos jours. A l’image de celle où l’on consigne les -bien nommées- courses, où l’on note les choses urgentes et/ou importantes à faire, fort inopportunément appelée « tout doux » liste en comparaison du sentiment de culpabilité qu’elle engendre. Ou encore celle de titres de livres qu’on espère lire (un jour), de voyages que l’on voudrait faire (bientôt), des rêves les plus fous que l’on taira (à jamais)… Car les listes font partie des innombrables béquilles de notre époque, censées venir en aide à nos cerveaux encombrés et « réduire le stress de nos vies » (ha bon?)… Et là, à cet instant précis, l’image du laissez-passer A-38, de la circulaire B65, et du formulaire jaune, guichet 7, cinquième étage, escalier K, couloir W s’impose à mon esprit (12 Travaux d’Astérix)… Allez savoir pourquoi…

Mais trêve de considérations de comptoir de bas étage… regardons de plus près nos deux listes, qui, on l’aura compris, n’ont rien à voir avec les artefacts de notre société, décrits ci-dessus…

Le fait que ces listes aient traversé les âges, soigneusement rangées avec d’autres archives, laisse déjà penser qu’elles revêtent une certaine importance pour l’histoire familiale. De plus, l’écriture est soignée (c’est celle de Louis MORIN, notre grand-père maternel), les deux inventaires sont précis. Il ne s’agit pas de listes écrites en vitesse, sur un bout de table. Enfin, et surtout, une note manuscrite en haut à gauche de la première liste doit retenir notre attention :

Un dossier établi et remis juste après la guerre par la famille MORIN-GICQUEL après son retour à Loos… Voilà qui sent la demande de réparation…
De fait, la confirmation se trouve dans une autre archive familiale, en l’occurrence un avis d’attribution d’indemnités -ci-dessous :

Ce bout de papier auquel sont agrafés 3 justificatifs de dépôt de bagages permet de reconstituer la chronologie des évènements, que je choisis de vous présenter à mon tour comme une pièce en trois actes, en assumant pleinement la subjectivité qui s’en dégage :

Premier acte

Le rideau se lève le 17 mai 1940 sur une famille en proie au plus terrible dilemme : les allemands progressent au nord de la France ; à une centaine de kilomètres de là, la ville d’Avesnes a été bombardée. Faut-il attendre encore ? ou fuir vers l’inconnu ? Dans ce 1er acte, il faut imaginer les parents, Louis et Jeanne, qui ont déjà connu la guerre, et quelle guerre ! (pour rappel, Louis fut rescapé des batailles de la Somme et de Verdun) et qui ont à présent la charge d’une famille, 3 enfants, âgés de 13, 15 et 20 ans. Il faut essayer de mesurer ce qui préside à leur décision de quitter leur environnement familier dès le lendemain pour se réfugier à Envermeu, chez un frère de Louis. Même si on soupçonne qu’il s’agit d’un instinct de survie. A ce moment là, sans doute espèrent ils que leur absence sera de courte durée et qu’ils reviendront vite. Pour autant, il faut se les représenter la veille de ce départ pour le moins précipité brûler les quelques centaines de lettres d’amour échangées avant leur mariage durant « l’autre » guerre. Et il faut aussi se figurer leur état d’esprit quand il a fallu choisir les affaires qui trouveront place dans les malles. Des produits de première nécessité, certes, mais aussi des choses qui ont un peu de valeur, sentimentales surtout, financières aussi, en pensant prioritairement aux enfants. Raison pour laquelle les lettres n’ont sans doute pas été conservées. Mais comment fait-on pour trier les choses importantes de sa vie en si peu de temps et dans un tel climat d’indécision ? Une question qui reste pour moi en suspens. Les 3 vélos qu’ils possèdent feront aussi partie du voyage, non parce qu’ils y sont particulièrement attachés mais parce que s’il faut aller vers l’inconnu, autant être le plus autonome possible…

Il faut ensuite suivre cette famille cherchant un moyen pour se rendre à Envermeu en gare de Loos ou de Lille, parmi une foule compacte et dans un chaos indescriptible. On monte dans un train qui ne part pas, on en emprunte un autre qui fait quelques kilomètres, puis s’arrête. Il faut parfois descendre pour faire plusieurs dizaines de kilomètres à pied sous les bombardements pour rattraper un autre train. Dans ces conditions, il faudra 4 jours à la famille MORIN GICQUEL pour rejoindre Envermeu, à seulement 250 kilomètres de là. C’est sans doute à ce moment que l’absence des deux malles et des 3 vélos est constatée… Fin du 1er acte, qui donne corps à la 1ère liste… Mais avant que le rideau tombe, on peut s’interroger sur ce qui reste comme affaires à cette famille dont le périple est pourtant loin d’être terminé… (destination finale : les Landes, en zone libre)… une ou deux valises de vêtements, tout au plus ?

Second acte

Septembre 1945 : après 5 ans passés dans les Landes à vivre sans doute très modestement, du produit des champs, de la générosité des habitants et peut être d’une petite pension d’ancien combattant de Louis, seuls 3 des membres de la famille prennent le chemin du retour. Jean est en effet entré au Grand Séminaire à Dax et Marie-Louise, la grande soeur, a décidé d’entrer dans les ordres. Pour elle, ça sera Bordeaux. Il faut donc s’imprégner de l’image des deux parents et de la jeune Thérèse, âgée alors de 17 ans, au moment du retour, partagés entre la joie de revenir chez eux et la tristesse de se séparer du reste de la famille et des amis landais. Il faut les imaginer arriver dans le nord, et retrouver une ville dévastée par les bombardements, qui n’a plus rien à voir avec celle qu’ils ont connue. Il faut surtout se représenter leur détresse en découvrant que leur maison a été occupée et en partie pillée durant leur absence… Le pourcentage de sinistre sera évalué par le Ministère de la Reconstruction à 45 %, ce qui n’est pas rien… Voilà pour le second acte, le rideau tombe sur une situation pas joyeuse, joyeuse, et le lien avec la 2ème liste est établi…

Dernier acte

Fin 1945-début 1946 : pour prétendre à une indemnité, certainement bienvenue en ces temps d’après-guerre, on a dit à la famille MORIN qu’il fallait des inventaires précis, d’une part du contenu des malles égarées, d’autre part de l’état de la maison au moment de leur départ. Prenons donc encore un moment pour « guigner » par dessus les épaules de Louis et Jeanne en train de dresser ces fameuses listes… Ecoutons-les évoquer ensemble ces épisodes douloureux qu’ils préfèreraient pourtant oublier, rectifier des souvenirs, pinailler sur des détails qui pour eux n’ont plus vraiment d’importance… le mal étant fait, comme on dit. Mais voilà, la boucle est bouclée, il ne restera plus qu’à attendre la décision du Ministère de la reconstruction… qui met quand même un an pour arriver ! L’histoire ne dit pas si l’allocation pour les pertes en cours de transport a été versée rapidement, mais en ce qui concerne le sinistre à 45 % constaté sur le logement, la « Décision portant évaluation définitive d’indemnité » porte la date du 17 mars… 1956, soit 10 ans après la demande ! (archive à l’appui). Autant dire qu’il ne fallait pas compter là-dessus pour se reconstruire, si tant est que cela fût possible…

S’il faut une morale à cette histoire , c’est que nous ne mesurons pas assez la chance que nous avons de pouvoir griffonner de manière insouciante des listes de livres à lire, de courses ou de choses à faire. Ni celle d’évoluer à peu près librement sans entendre au loin les bruits inquiétants de la guerre. Merci donc aux listes qui subsistent de nous le rappeler !




Scripta manent…*

*verba volant, scripta manent… les paroles s’envolent, les écrits restent

Aujourd’hui, je veux vous parler d’écrits familiaux. Quésako ? Ce sont des archives familiales qui présentent la particularité d’être écrites de la mimine -délicate ou velue- de celui ou celle qui les a produites. Donc à titre d’exemple  :

  • des cahiers de recettes (où l’on trouvera suivant la région, celle de la soupe de gaudes, des pêts de nonnes ou du fion du Poiré),
  • des carnets savamment griffonnés et gribouillés de notes, réflexions, extraits, poésies, chansons et croquis, borborygmes en tout genre,
  • des journaux personnels (on les appelle aussi « intimes », une appellation que je trouve rarement adaptée, à moins d’y trouver les affres sentimentales dans lesquelles nous plongent un amour impossible…),
  • des journaux de voyage (voyage qui peut commencer au pas de sa porte, voire même dans sa chambre, comme au moment du confinement),
  • des listes (de films, de livres, d’amants, de destinations, de premières fois, etc.),
  • des cahiers d’écolier (notamment le si fameux cahier de récitations illustré de « jolis » dessins à la main ;-),
  • des courriers entre les membres d’une même famille, voire même une correspondance amoureuse complète, avec les lettres envoyées et celles reçues, si les auteurs ont fini par devenir nos parents…

A l’échelle d’une famille, cela peut représenter une somme importante de vieux papiers, qui ne méritent certes pas d’être tous conservés ad vitam aeternam, mais qu’il est important de feuilleter d’abord, puis d’identifier sous la forme d’un inventaire précis. Pourquoi ? Parce qu’aucune de ces productions manuscrites personnelles n’est dénuée d’intérêt, dans la mesure où elles reflètent un pan de la personnalité ou des centres d’intérêt de leur auteur. On a tendance à sous estimer la capacité de ces documents à nous en apprendre beaucoup sur nos parents ou nos grands-parents.

Prenons deux exemples :

Bernard Maître

Dès son plus jeune âge, Bernard consigne pas mal de choses dans des carnets : les paroles des chants qu’il apprend, les techniques du scoutisme (allumer un feu, faire des nœuds, etc.). A l’âge adulte, il garde toujours un carnet sur lui où il note ses réflexions du moment.

Carnets de Bernard Maître 1939 à 1958

Dans tous les carnets, l’écriture est petite, soignée et la mise en page est maîtrisée. On devine un tempérament calme et posé.
Mais le plus fascinant, ce sont les index et tables des matières qu’il dresse en fin de carnet qui dénote là un esprit rigoureux et méthodique.

Plus tard, il adoptera la même méthode pour ranger son matériel de bricolage : une boîte par item (écrou hexagonal M6 par exemple), un code alphanumérique par boîte et un index alphabétique détaillé qui sert d’outil de recherche… Pour ma part, j’adorais utiliser cet index et évoluer dans cet environnement classifié. C’est certainement là que ma vocation de documentaliste a pris naissance…

Jeanne Gicquel

Nous l’avons déjà évoqué : Jeanne écrit beaucoup… Plusieurs courriers partent chaque jour, à l’attention de sa fille, religieuse à Madagascar, de son autre fille, basée en Haute-Savoie avec sa famille, de son fils, prêtre à Montauban, puis à Bordeaux, de sa famille, restée en Bretagne, de ses amis du Nord, etc. Elle s’adonne à cette activité le matin, entre 7 et 10h, et en tout cas avant le passage du facteur à 11h. Non seulement, elle écrit énormément, mais aussi … de manière… hors NORME ! son écriture ample et généreuse remplit une page A4 en moins de deux (180 à 200 mots suffisent alors qu’avec une écriture classique, on en met facilement le double!)

Lettre de Jeanne GICQUEL (1ère page) – 1978

Or, cette écriture qui se moque de la mise en page et des conventions est révélatrice du tempérament de notre grand-mère, une femme certes très généreuse, mais aussi audacieuse et un brin fantaisiste.

Dans notre famille, nous avons donc hérité d’un grand nombre d’écrits personnels, émanant surtout de la branche maternelle. Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, les membres de la famille GICQUEL / MORIN aimaient beaucoup écrire et, il faut l’admettre, ils le faisaient plutôt bien, chacun/e avec un style qui lui était propre. Ensuite, l’éclatement géographique de la famille a joué en faveur d’une correspondance soutenue. Enfin, le fait que deux enfants sur trois n’aient pas eu de descendance (et pour cause !) : à leur décès, l’ensemble de leurs papiers personnels sont donc revenus à la seule qui ne soit pas rentrée dans les ordres, en l’occurrence, notre maman…

Mais on peut s’en douter : ces papiers prennent de la place et les inventorier prend du temps… J’arrive au bout de cette opération. En voilà le résultat, avec ci-dessous la liste des archives manuscrites qui nous ont été léguées :

  • Journal de Jeanne GICQUEL (5 cahiers), écrit dans les années 1980, dans lequel elle raconte ses souvenirs d’enfance en Bretagne (vie quotidienne, sa famille, les fêtes, l’école, le mariage, etc.), puis leur vie de couple dans le Nord et enfin le temps de la retraite dans les Landes. Certains passages sont complétés par Jean MORIN, son fils.
  • Journal de Marie-Louise MORIN écrit en mai-juin 1940 au moment de l’évacuation dans lequel elle raconte l’exode de la famille parti de Lille pour rejoindre le sud-ouest de la France
  • Journal de Marie-Louise MORIN rédigé avant son entrée au couvent où elle fait part de sa vie quotidienne et de ses états d’âme
  • Journal de Jean MORIN (1 cahier), dans lequel il raconte les derniers moments de la vie de Jeanne GICQUEL et rapporte quelques souvenirs de la maison des Landes
  • Journal de Thérèse MORIN (4 feuillets recto-verso écrits un peu sous la torture, à la demande de sa fille 🙂 qui fait part de souvenirs de sa vie à Loos-lez-Lille
  • Lettres envoyées par Jeanne GICQUEL à ses 3 enfants, et inversement, soit : sa fille, Marie-Louise, vivant à Madagascar, Thérèse, et sa famille, en Haute-Savoie, et Jean, qui résidait durant un temps à Bordeaux.
  • Courriers échangés entre les frères et soeurs, Marie-Louise, Thérèse et Jean MORIN
  • Courriers échangés entre Bernard MAITRE et Thérèse MORIN entre le moment de leur première rencontre et leurs fiançailles, de 1957 à 1958. Cela représente environ 300 lettres qui décrivent leur quotidien, ainsi que leurs états d’âme, l’un habitant à Paris et l’autre à Tours. Nous en avons terminé la lecture avec ma sœur.
  • Courriers échangés entre Bernard MAITRE et Thérèse MORIN à l’occasion de voyages effectués par Bernard à Madagascar, respectivement en 1984 et 1987 (3 mois à chaque fois)
  • Cahiers de recettes de Jeanne et de Thérèse MORIN
  • Carnets de croquis de Thérèse MORIN sur les tenues vestimentaires créées pour ses enfants (robes, pantalons, etc.) et sur les décorations faites pour Noël (de 1960 à 2000) – cf article Les fêtes (partie I) : nos héros de Noël
  • Carnets de chants, de techniques scoutes, de réflexions de Bernard MAÎTRE (de 1939 à 1958)
  • Cahiers de cours de Bernard MAÎTRE (non inventoriés à ce jour)

Une fois cet inventaire terminé, il conviendra, selon les méthodes archivistiques, d’évaluer l’intérêt historique -ou plutôt généalogique- de chacun des documents, et de repérer ceux qui méritent d’être gardés en l’état (sous forme papier) et/ou valorisés (et de quelle manière ?) et ceux qui peuvent être éliminés. Un plan de conservation et de gestion de ces archives devra alors être établi, avec la production d’outils, de type index ou plans de classement (tiens, tiens, tiens…) pour en faciliter la recherche. Encore bien du travail sur la planche !




Jean qui rit…

Il a 10 ans… c’est un enfant vif et espiègle. Il aime amuser la galerie et il n’est jamais en reste pour faire des singeries ou jouer des tours à ses proches… C’est aussi un élève brillant et à 10 ans, en 1933, il n’est déjà plus à sa place à l’école primaire de la paroisse. Manifestement, il s’ennuie ; l’heure est venue pour lui d’intégrer le collège, avec pas moins de deux ans d’avance. Trois options s’offrent à lui : la plus classique, c’est d’aller, comme la majorité de ses camarades, poursuivre ses études à Haubourdin, une commune voisine. 2ème solution : le prestigieux collège Saint-Pierre à Lille, adapté à son cursus précoce. Et enfin, l’école apostolique à Loos, un choix pas vraiment anodin puisque l’enseignement est dispensé par des lazaristes et s’apparente peu ou prou à un petit séminaire (1). Plouf, plouf… Jacadi a dit : Jean qui rit doit choisir ! en suivant ou pas les conseils de ses parents et … du curé de la paroisse qui n’est jamais bien loin. Et Jean qui continue se bidonner choisit sans hésiter l’école apostolique. Eh oui, dans sa tête d’enfant, c’est assez clair : il sera prêtre !

Cette idée -qui peut sembler bien incongrue à notre époque- titille notre Jeannot depuis un moment : à 6 ou 7 ans déjà, lors d’un office du Jeudi Saint (le jeudi précédant Pâques, pour les ignares que nous sommes), il avait exprimé son désir de devenir prêtre, si ! si ! comme ça, spontanément… même pas sous la torture, hein ! Et pire, vous voulez savoir? Ses premiers jeux furent un autel qu’il arrangeait chaque jour et pour lequel il confectionnait des ornements. Enfin, histoire de finir de vous convaincre, dans un écrit qu’il a adressé pour la fête des mères, on trouve la signature suivante: « ton petit prêtre »… Jean passe et des meilleurs !

1933 – Jean MORIN avec sa maman à Loos (59)

Alors, certes : en bons bretons qui se respectent, les parents MORIN, sont très attachés à la religion. Jean l’écrit lui-même dans sa lettre de « motivation » pour entrer au séminaire de Dax quelques années plus tard : « la famille Morin […] est représentée presque chaque jour à la messe par les enfants et dans la mesure du possible par les parents. Pas une solennité ne se passe sans leur présence, pas un 1er vendredi du mois sans la communion de tous ». C’est dire ! Comme pour beaucoup de catholiques de l’époque, l’église est en quelque sorte leur 2ème maison, sans qu’ils soient pour autant des grenouilles de bénitiers (ça, c’est moi qui l’affirme, sur la base de mes souvenirs !). Il faut aussi rappeler que la tante de Jean est déjà soeur (en plus d’être celle de son père !). Rappelez-vous, c’est la fameuse « Tante d’Amérique » !

Les parents MORIN ne sont donc certainement pas indifférents au choix de leur fils d’embrasser l’autel, plutôt que la mariée. Aussi étonnant que cela puisse paraître pour nous, c’est une immense fierté pour eux que de donner un, voire deux enfants -ce qui sera d’ailleurs le cas- à Dieu. Mais ça serait mal connaître Jean que d’imaginer qu’il s’est laissé bêtement influencer, car tout minot qu’il soit, il fait déjà preuve d’une bonne dose d’indépendance et d’un singulier sens des responsabilités.

C’est ainsi que le 10 janvier 1934, alors qu’il n’a que 10 ans ½ (!), le petit Jean entre sans pleurer et d’un pas déterminé à l’école apostolique de Loos… Il y restera 6 ans, en internat comme il se doit, car comme le dit un certain F. Lebrun vantant les bienfaits de l’isolement : « il importe de surveiller de près et continuement les jeunes élèves »…. Bien étrange situation qui veut qu’il ne retrouve sa famille que pour les vacances alors que l’école est éloignée de quelques centaines de mètres de son domicile. Inversement : ses soeurs (7 et 14 ans) se voient soudainement séparées de leur frère, ce qui a dû être une grande souffrance pour la cadette. Mais tel était la vie de nos aïeux… les gens (Jean) qui pleurent ou se plaignent n’y ont pas droit de cité…

Mais revenons donc à nos moutons et, plus précisément, à Jean qui rit : en 6ème il apprend le latin, en 5ème, c’est le grec. Il aborde aussi les grands auteurs et textes de l’antiquité : Cicéron, Ovide, Homère, Platon… car dans ce cursus, les matières nobles sont les matières littéraires. Les mathématiques passent au second plan. Au terme de sa « Rhétorique » (1), notre surdoué est trop jeune pour entrer avec les autres au Séminaire interne. Qu’à cela ne tienne ! Il prépare durant une année le baccalauréat, tout en donnant des cours de grec aux jeunes et en travaillant comme surveillant. Ben voyons ! Rappelons qu’il n’a alors que 16 ans !

Bientôt 17… quand la guerre éclate. Trêve de rhétorique, propédeutique (2) et philosophie : la grande histoire le rattrape, lui et ses proches, celle qui a le goût de la peur. Le 18 mai , la famille MORIN est obligée de quitter précipitamment le Nord, avec un groupe d’amis. Par la force des choses, les projets de vie (poursuite d’études, travail, etc.) sont interrompus pour toutes et tous. L’exode conduit la famille jusque dans les Landes, en zone libre (cf récit détaillé ici). Les premiers mois, Jean les passe avec le groupe dans une grande maison où tout le monde s’évertue de retrouver de l’insouciance et de la légèreté. On rit, on danse, on se déguise, on se met en scène, et Jean n’est jamais le dernier à faire le pitre, loin s’en faut ! On le voit travesti en femme (tout à gauche sur la 1ère photo), puis jouant le rôle du prêtre à l’occasion du baptême improvisé d’une poupée (les 2 photos de droite)…

Mais à la fin de l’été -très exactement le 25 août 1940-, il est temps pour lui de quitter à nouveau ses soeurs et parents, pour entrer au séminaire le plus proche… Ce sera celui de Dax-Saint-Vincent-de-Paul qui forme les futurs lazaristes. Ce qui tombe bien puisque depuis son plus jeune âge, il ne jure -enfin façon de parler!- que par Saint-Vincent-de-Paul. La vie et le destin de cet humaniste l’attirent comme un aimant.

Au Grand Séminaire, il étudie les deux matières de base soit, la théologie dogmatique (utile pour le catéchisme et la prédication) et la théologie morale, mais aussi la philosophie, le latin, le grec, la musique. Sept ans lui seront nécessaires pour arriver au terme du parcours de séminariste, avec une interruption de 9 mois en 1944 pour effectuer un STO -Service de Travail Obligatoire-, puis pour être appelé dans l’armée française comme caporal-chef de février 1945 à mars 1946 (3). Même pour les séminaristes, les études en ces temps-là sont loin d’être un long fleuve tranquille… Et c’est en 1947, à 24 ans, qu’il prononce ses voeux. Son ordination -à l’occasion de laquelle il est officiellement nommé prêtre- aura lieu le 23 décembre 1948 à Loos. Ce qui lui a donné le droit d’avoir un bel article dans le journal

Le Révérend Père Jean Morin a célébré sa messe de prémices en l’église Sainte-Anne – Loos 23/12/1948

Pour son premier poste, il est nommé au grand séminaire de Montauban (Tarn-et-Garonne) où il enseigne pendant 6 ans la théologie fondamentale et l’histoire de l’Eglise. En même temps, il s’inscrit en licence de théologie à l’Université de Strasbourg où il obtient son diplôme en 1953, à l’âge de 30 ans. C’est aussi à cette époque que faisant l’idiot avec des copains et circulant à moto sans visière, il contracte une paralysie faciale, appelée « a frigore » dont il gardera des séquelles toute sa vie : un clignement d’oeil spasmodique qui loin de le défigurer le rendait plutôt sympathique. Mais au vu de son statut, cela a pu occasionner quelques quiproquos auprès des femmes !

En 1956, il revient dans les Landes où il occupe successivement le poste de sous-directeur, puis directeur du Grand Séminaire de Saint-Vincent-de-Paul (celui là même où il a fait ses études).

Mais badaboum ! en 1961, notre Jeannot tombe gravement malade. Le diagnostic tombe : c’est la tuberculose. Comme c’était l’usage à l’époque, on lui prescrit un séjour en sanatorium : il passe alors 10 mois au Mont Pélerin, dans le Canton de Vaud (CH). A la fin de sa convalescence, il est nommé Délégué provincial aux écoles apostoliques, mais la maladie le rattrape et il est à nouveau obligé de faire un séjour prolongé en sanatorium d’octobre 1963 à mai 1964. Cette fois, il met à profit ce temps de repos pour effectuer des recherches sur Saint-Vincent-de-Paul et acquiert une expertise qui lui sera reconnue tout au long de sa vie, et au delà.

A son retour, il exerce comme professeur d’histoire à Dax ; il est très vite nommé Supérieur du Berceau de Saint-Vincent-de-Paul, un rôle qu’il endosse d’autant plus volontiers que cela lui permet d’approfondir ses recherches sur Monsieur Vincent. Les parents MORIN étant revenus s’installer entre temps près de Saint-Sever pour leur retraite, il leur rend visite régulièrement. Il est souvent accompagné par deux de ses confrères, Robert et Stan, avec lesquels il forme une bande de joyeux drilles, toujours prêts à faire des blagues de potaches, tout curés érudits qu’ils fussent. De quoi bien dépoussiérer, à nos yeux d’enfants, l’image du curé revêche et inaccessible. Il est en outre très présent auprès de son neveu et de ses deux nièces, auxquels il attribue accessoirement des surnoms : « le copain » pour l’aîné, « la princesse » pour la 2ème et « le chat » pour la dernière. Dès qu’il en a l’occasion, il leur consacre du temps, surtout pendant les vacances d’été où toute la famille se retrouve dans la maison des Landes.

Malheureusement, en 1975, on requiert sa présence ailleurs, à savoir au Bouscat, près de Bordeaux où il sera Visiteur de la Province de Toulouse durant 6 ans. Il s’agit d’un poste exigeant qui occasionne du stress et de nombreux déplacements dans le monde entier. Pour autant, Jean peste, Jean ploie mais ne rompt pas ! Mais il ne rit alors plus beaucoup. Durant cette période, il se rendra en Iran -où il rencontre le Shah-, au Burundi, au Rwanda, en Suisse, à Madagascar, etc. C’est lors d’une séance de vaccination contre la fièvre jaune qu’il est victime d’une erreur médicale -vraisemblablement l’injection de deux vaccins incompatibles- qui provoquera chez lui de sérieux problèmes de santé, dont la maladie de Raynaud (4).

En 1981, il revient enfin au Berceau, où il retrouve une certaine sérénité même si la vie en communauté ne soit pas vraiment sa tasse de thé car c’est un farouche solitaire. Son quotidien est rythmé par la réception de groupes venus visiter le Berceau de Saint-Vincent de Paul. Mais il est aussi très sollicité par les congrégations religieuses en France, en Suisse et en Belgique en tant que conférencier et prédicateur émérite. C’est aussi à cette époque qu’il reçoit Valéry Giscard d’Estaing en visite à Saint-Vincent-de-Paul et qu’il rencontre le pape Jean Paul II à Rome.

En 1983, le décès de Jeanne, sa mère, l’affecte énormément, lui qui était présent tous les week-ends auprès d’elle et ce jusqu’à ses derniers instants. Sans ses escapades hebdomadaires à Banos, la vie n’a plus tout à fait le même goût pour Jean. La solitude et l’isolement lui pèsent, sa sœur aînée étant toujours à Madagascar, et sa sœur cadette, ainsi que le reste de la famille, en Haute-Savoie. De plus, la maison familiale des Landes a été rendue à son propriétaire -il s’agissait en effet d’une location- et ne joue donc plus le rôle de lieu de réunion familiale et de havre de paix. On peut le dire sans mauvais jeux de mots : durant cette période, Jean boîte et Jean saigne, en silence… Il continue aussi à fumer, malgré que cela lui ait été fortement déconseillé après ses ennuis de santé, touchant notamment les poumons (rappelons que dans sa jeunesse, il a eu la tuberculose).

Pour toutes ces raisons, Jean contracte un cancer des poumons en 1987. Tout va alors très vite et il s’éteint le 8 juillet 1987 à Dax. Ses obsèques lui vaudront encore -mais cette fois à titre posthume- une messe et un bel article de presse.

Sud-Ouest – 14/07/1987

Mais l’histoire ne s’arrêt pas là : en 2011, l’Espace Jean Morin est inauguré et devient un centre d’accueil pour les pèlerins, touristes et groupes qui viennent découvrir la vie et le lieu natal de Saint Vincent de Paul.

(1) la Rhétorique désignait l’actuelle classe de première ; c’était lors de cette année scolaire que cette discipline était enseignée. (2) Propédeutique : éléments de connaissance constituant une préparation nécessaire à l’étude plus approfondie d’une science (3) Pour la période de l’entre-deux-guerres, on estime que la formation au Grand Séminaire dure six à sept ans, en incluant il est vrai, le service militaire, obligatoire depuis la fin du XIXe siècle. (4) maladie de Raynaud : trouble chronique de la circulation du sang dans les extrémités, qui survient de façon périodique, en cas d’exposition au froid et, plus rarement, en cas de stress émotionnel.




Parcours et trajectoires : le certif’

A l’heure où un certain nombre d’étudiants sont en train de s’arracher les cheveux sur leurs copies d’examen (ou peut être s’y préparent-ils d’arrache-pied, ce qui n’est pas beaucoup plus plaisant), me revoilà avec l’envie de vous parler aujourd’hui du parcours scolaire de nos ancêtres, et plus particulièrement du certificat d’études primaires, communément appelé « certif’ ».

Le certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) était un diplôme sanctionnant la fin de l’enseignement primaire élémentaire en France (entre 11 et 14 ans) et attestant de l’acquisition des connaissances de base, ou plutôt qu’on considérait comme telles à l’époque : écriture, lecture, calcul mathématique, histoire-géographie, sciences appliquées.

Mis en place en 1866 pour créer une émulation entre les élèves et vaincre l’indifférence des parents vis-à-vis de l’école, cet examen a perduré sous cette forme jusqu’à la fin des années 50. Pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, il a marqué la fin de l’instruction obligatoire et l’entrée dans la vie active. En 1972, le CEP ne s’adresse plus qu’aux adultes, mais ce n’est qu’en 1989 qu’il est définitivement supprimé.

Concernant cet examen, la mémoire retient surtout les cinq fautes éliminatoires à la dictée, certainement à l’origine de moultes échecs, et les problèmes tarabiscotés de trains qui se croisent ou de baignoires qui se vident…

Pour avoir une idée des épreuves du certif’, on pourra consulter le site de Samuel Huet cité en référence au bas de l’article.

Au début, le certificat d’études était « une affaire d’hommes », il apparaissait déjà comme un moyen d’accession de ceux-ci à des études poussées et à des positions plus élevées. Il faut attendre la période de la Première guerre mondiale et de ses séquelles (1916-1922) pour voir les filles être présentées à l’examen un peu plus souvent que les garçons.

La sélection était alors faite par les instituteurs et institutrices qui mettaient un point d’honneur à ne présenter au certificat d’études que les élèves ayant une forte chance de réussir.
Jusqu’en 1900, la proportion d’élèves sortant de l’école primaire avec le certificat d’études est d’environ 25 à 30 %. Cette proportion monte jusqu’à 35 % vers 1920 et atteint 50 % à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Il est donc assez inattendu que nos grands-parents maternels -qui pour rappel étaient respectivement fils de laboureur et fille de meunier dans les Côtes d’Armor- aient obtenu leur certificat d’études.

Louis MORIN a eu son certificat en 1904. Il avait 13 ans. Quand on connaît son histoire (orphelin de mère à 3 ans, élevé par une voisine, etc), on se dit qu’il a eu bien du mérite de l’obtenir. Pour plus de détails, relire : Dans la famille MORIN / GICQUEL, je voudrais…

1904 – Certificat d’études primaires de Louis MORIN obtenu dans les Côtes d’Armor (format 31×30 cm)

Pour l’avoir entendu en parler, je suis certaine que Jeanne GICQUEL a aussi obtenu son certificat d’études primaires, même s’il n’y en a aucune trace dans les archives familiales. Voilà cependant ce qu’elle disait des exploits scolaires de la famille dans son journal intime : « Nous restions à Saint Laurent jusqu’à dix ans. Après, à Ploeuc, où l’on préparait les certificats primaires et supérieurs. Depuis, je me suis rendue compte que la gentillesse et la fantaisie de Melle Guyomar avaient été valables, puisque tous, nous lui avons fait honneur en étant têtes de classe : mes deux aînés furent premiers du canton à tous les examens, et moi, comme Poulidor, deuxième ».

En 1933, c’est au tour de Marie-Louise, leur fille, d’obtenir son certificat d’études. Elle a alors 13 ans. Autre temps, autres mœurs : alors que celui de Louis MORIN correspondait plus ou moins à un A4, celui-ci en fait le double (58 cm x 45 cm) et il est cartonné, car destiné à être encadré et affiché au mur…

1933 – Certificat d’études primaires obtenu par Marie-Louise MORIN obtenu à Lille (59) – format 58×45 cm

Pas de trace de certificat pour Jean MORIN, le frère, mais comme il est entré à l’école apostolique à un âge précoce (11 ans) et qu’il a ensuite été jusqu’à la licence de théologie, on peut imaginer qu’il a brûlé les étapes.

En 1939, à la veille de la guerre, Thérèse, la benjamine, obtient elle aussi son certificat d’études. Doit-on à la désorganisation d’avant-guerre le fait que ce diplôme soit si mal renseigné  ? c’est possible…

1939 – Certificat d’études primaires obtenu par Thérèse MORIN à Lille (59) – format 58×45 cm

Il faut relever que Thérèse a obtenu son certificat à l’âge de 12 ans et que de 1940 à 1945, elle n’a pas été scolarisée (cf récit de l’exode de la famille MORIN du nord vers le sud-ouest). Il faut croire qu’elle avait de réelles prédispositions intellectuelles car cela ne l’a pas empêchée de poursuivre ses études après la guerre et d’obtenir en 1950 un Brevet d’enseignement industriel (BEI), dont nous reparlerons plus tard.

Côté MAITRE / AYMONIER, j’ignore encore qui a obtenu son certificat d’études. Malgré mes recherches, je n’ai pas pu obtenir d’informations sur le parcours scolaire de Raymond MAITRE avant qu’il n’entre à l’Université de Besançon, mais on peut imaginer que son parcours à l’école primaire et au collège a pu être jalonné de quelques diplômes.
De même, je n’ai trouvé aucune trace dans les archives familiales sur l’obtention du CEPE pour Bernard MAÎTRE, mais il est fort probable qu’il l’ait aussi obtenu à l’institution Saint-Jean à Besançon où il a fait ses études primaires. Ce qui est sûr, c’est qu’en 1945 il a obtenu à l’âge de 16 ans le brevet de capacité pour l’enseignement primaire (Instituteurs – brevet élémentaire). Nous en reparlerons aussi plus tard.

Et histoire de terminer sur une note d’humour, voici quelques perles du certificat d’études :

  • Quand Louis XIV meurt en 1715, il quitte Versailles.
  • Un kilo de mercure pèse pratiquement une tonne …
  • La mortalité infantile était très élevée, sauf chez les vieillards…
  • l’allaitement mixte, c’est une fois le père et une fois la mère
  • l’eau potable, c’est celle qui n’a pas servi à faire la vaisselle.
  • Précautions à prendre pour réduire le nombre et la gravité des accidents de la circulation : ne pas dépasser le 90° pour les boissons, s’assurer qu’on ne dort pas avant de partir…

Pour aller plus loin :